La discussion sur l’engagement du public envers les arts, lancée par le Conseil des arts du Canada en octobre dernier, a quelque peu bifurqué cette semaine dans un article de fond dans Le Devoir. Le quotidien montréalais relatait que certains secteurs de la communauté artistique s’inquiétaient à l’idée que le Conseil considérait la possibilité de financer les artistes amateurs.
J’utilise sciemment le terme« bifurqué ». Depuis le début de cette discussion, le Conseil insiste sur le fait qu’il n’abandonnera ni maintenant ni demain son engagement de longue date envers la pratique artistique professionnelle.
Les documents parlent d’eux-mêmes
À vous de constater. Dans son plan stratégique actuel, Resserrer les liens 2011-2016, le Conseil énonce ainsi la première de ses cinq grandes orientations: « Renforcer l’engagement du Conseil des arts à l’égard des artistes œuvrant seuls ou en collaboration, car ils constituent le cœur même de la pratique artistique au Canada. » Il définit sa conception de l’engagement du public envers les arts comme suit: «[L]e Conseil s’emploiera plus activement à favoriser des échanges de vues avec le public sur les aspirations et les besoins d’expression des citoyens en général. Il élargira aussi la portée de ses messages pour faire comprendre clairement au public que l’activité du Conseil dans le secteur des arts professionnels sert les intérêts de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens. En plus de continuer à mettre l’accent sur la pratique professionnelle des arts, le Conseil soulignera la contribution des artistes et des arts à la vie quotidienne, ainsi que le rapport entre son mandat et le renforcement de l’engagement du public dans la vie culturelle du Canada. Ce faisant, il trouvera des moyens directs et indirects d’aider les artistes et les organismes artistiques à accroître et à approfondir leurs liens avec le public. » (p. 2 et 8)
C’est écrit noir sur blanc : aucune référence à un quelconque soutien à la pratique artistique amateur. En lire plus