
The Impossible Speech Act, dans l’exposition d’œuvres d’art contemporain canadien de la collection de la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada exposées dans les pièces principales de la Villa Estevan. Photo : Luc Raymond
La semaine dernière, quelques-uns de mes collègues de la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada et moi-même avons installé une exposition de 18 œuvres à la Villa Estevan. Cette maison historique, ancienne résidence d’été de la famille Reford construite il y a 125 ans, constitue le cœur des Jardins de Métis – Reford Gardens, un lieu touristique réputé de la rive sud du fleuve Saint-Laurent, au Québec.
L’idée de cette exposition, intitulée Nouveaux visages : Portraits de la collection de la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada, est venue lorsque nous avons su que les portraits classiques d’Elsie Reford et des membres de sa famille étaient transférés des salles principales de la Villa à la galerie officielle. Qu’arriverait-il si on remplaçait ces œuvres familières par des portraits contemporains réalisés par quelques-uns des artistes les plus intéressants du Canada?
Elsie Reford se retournerait-elle dans sa tombe? Peut-être bien!
Que penserait-elle de l’artiste Erika DeFreitas et de sa mère regardant à travers des décorations à gâteaux en sucre à glacer dans la salle à manger officielle de la Villa (Erika Defreitas, The Impossible Speech Act, 2007), ou des quatre artistes autochtones aux tenues décontractées considérant leur environnement avec un sentiment d’amusement et d’appartenance (Rosalie Favell, Facing the Camera: Alex Janvier, Shelley Niro, Ron Noganosh, Jeff Thomas, 2008-2011), ou encore de l’autoportrait audacieux de l’artiste Lynn Donoghue, aux couleurs vives, dominant le mur au-dessus de l’immense foyer (Self Portrait in Eyeliner and Red Lips, 1986)?

Exposition des portraits historiques de la famille Reford dans la galerie officielle de la Villa Estevan. Photo : Jardins de Métis (Reford Gardens)
Pour ma part, la juxtaposition des portraits traditionnels dans la galerie et des portraits contemporains dans les salles principales a donné lieu à des conversations captivantes sur la nature du portrait. Il y a fort longtemps, le portrait dominait la production artistique au Canada, pour ensuite être relégué à l’arrière-plan dans un passé plus récent. Cette forme d’art connaît à présent une résurgence, plusieurs artistes contemporains y ayant recours pour aborder la question de l’identité. Qui est cette femme au visage parsemé de fleurs en sucre à glacer? pourrait-on se demander à propos de l’œuvre d’Erika DeFreitas. En revanche, il ne fait aucun doute que l’immense tableau d’Elsie Reford à cheval représente une personne riche et influente.
Nous avons passé un moment agréable à installer ces œuvres avec les gens, fort serviables, des Jardins de Métis! Nous avons remplacé l’éclairage tamisé des salles principales par un éclairage plus intense, et avons complètement changé la perception de l’espace grâce aux couleurs vives, aux photographies grand format et aux nombreuses œuvres. Nous avons rehaussé la présence d’Elsie et des membres de sa famille sur les murs blancs de la galerie.
Ce projet n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des nombreuses façons qu’a la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada de travailler avec ses clients pour revitaliser les espaces publics et présenter l’art aux Canadiens. Et comme nous avons la plus vaste collection d’art contemporain au monde, qui comprend plus de 17 000 œuvres, ce n’est pas le choix qui manque.
Nous espérons que cette installation interpellera les nombreux visiteurs des Jardins de Métis – Reford Gardens, et que ces derniers verront dans ces portraits la représentation de l’évolution de l’environnement et du profil démographique du Canada.
P.S. Si vous n’êtes pas en mesure de vous rendre aux Jardins de Métis, vous pouvez prendre connaissance des célébrations entourant le 40e anniversaire de la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada afin d’en apprendre plus sur sa collection. Consultez mon dernier billet pour en savoir davantage.
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C’est avec grand plaisir et que je prévois aller à Métis. Je suis certaine que l’agencement de l’ancien et du nouveau feront merveille et que Elsie n’ en se rait que plus heureuse!